SUPER ENTREPRISE DE SERVICES ECOENERGETIQUE (ESE) AU BURKINA FASO : Vers un arrêté pour mieux encadrer et booster les actions concrètes

C’est un secret de polichinelle que la maitrise de l’énergie est un enjeu majeur dans le processus du progrès socio-économique. Que ce soit dans les ménages, dans les services et dans les entreprises, la problématique de la consommation énergétique se pose avec acuité.

Dans la dynamique d’inciter à réduire notre consommation en énergie sans perdre le moindre confort, le Gouvernement a adopté le décret n°2017-1015/PRES/PM/ME/MINEFID/MCIA du 04 octobre 2017, portant fixation des seuils de consommation énergétique, la périodicité de l’audit énergétique, les modalités d’exercice de l’audit énergétique et d’agrément des auditeurs et ses textes d’application. Il établit que tout établissement dont la consommation énergétique est supérieure ou égale à 100 000 kWh par an ou à 100 000 litres de carburant par an est soumis à un audit énergétique obligatoire.

Présidium

Parallèlement à ce décret qui règlemente le fonctionnement énergétique des établissements, le ministère de l’énergie, des mines et des carrières, à travers la Direction générale de l’énergie et l’ANEREE, a multiplié les séances d’information et de sensibilisation des ménages et des populations sur la nécessité d’adopter des attitudes écoénergétiques.

On l’aura compris, la convergence de toutes ces mesures est la maitrise de l’énergie, gage d’une amélioration substantielle de nos conditions de vie, dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique.

Dans la même lancée, le Gouvernement a durci le ton sur les exigences énergétiques qui ont été renforcées par le Décret 2025-0299/PRES/PM/MEMC/MEF/MICA portant fixation des exigences d’efficacité énergétique dans l’industrie ainsi que leurs modalités de mise en œuvre.

Par ailleurs, l’ANEREE a été désignée pour être super entreprise de services écoénergétique (ese) au Burkina Faso.

Paul Millions: Directeur des audits énergétiques

Toutefois, il faudrait bien un mécanisme structurant de financement qui puisse permettre à l’ANEREE d’accompagner la mise en œuvre des recommandations inhérentes. D’où le projet d’arrêté portant réglementation nationale des Entreprises de Services Écoénergétiques (ESE) dont les travaux d’élaboration ont lancés ce lundi 17 novembre à Ouagadougou, par le Directeur général adjoint de l’énergie, en charge de la transition énergétique, Boubacar Ouédraogo.

Ce projet d’arrêté vise à :

  • encadrer l’offre de services écoénergétiques formulées par les entreprises ;
  • permettre l’émergence d’un marché national des Contrats de Performance Énergétique (CPE) ;
  • favoriser la mobilisation de financements publics et privés en faveur de projets d’efficacité énergétique ;
  • appuyer la transition énergétique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Photo de famille

En plus des experts de l’ANEREE, l’atelier technique qui réunit des représentants de l’administration centrale, des acteurs de la société civile agissant dans le secteur de l’énergie et des partenaires, va examiner et valider le projet d’arrêté.

Le Directeur général de l’ANEREE dit attendre beaucoup de cet arrêté qui va permettre à la “Maison des solutions énergétiques” de jouer pleinement son rôle moteur de promoteur de l’efficacité énergétique.

ANEREE, La maison des solutions énergétiques !

DCVIS

Super Entreprises de Service énergetique (ESE): Vers un cadre réglementaire pour leur fonctionnement

Un projet d’arrêté en cours d’examen pour affiner la stratégie nationale d’efficacité énergétique

L’Agence Nationale des Énergies Renouvelables et de l’Efficacité Énergétique (ANEREE), en collaboration avec la Direction Générale de l’Énergie (DGE), a tenu ce mercredi 12 novembre 2025 à Ouagadougou un atelier restreint d’examen du projet d’arrêté portant réglementation nationale de la Super Entreprise de Services Écoénergétiques (Super ESE).

Une vue des participants

Présidé par le Directeur Général de l’Énergie, Dr Alidou Koutou, cet atelier marque une étape déterminante dans le processus de mise en place d’un cadre institutionnel solide pour le développement des entreprises de services énergétiques (ESE) au Burkina Faso.Dans son mot d’ouverture, Dr Koutou a rappelé que le pays fait face à « une double contrainte énergétique : une forte dépendance aux importations et une faible couverture de la demande nationale ».

Dr Alidou Koutou

Face à cette situation, il a souligné la nécessité de mettre en œuvre des mécanismes innovants pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire les gaspillages.Le projet d’arrêté soumis à l’examen des participants vise notamment à encadrer l’offre de services écoénergétiques, favoriser l’émergence d’un marché des Contrats de Performance Énergétique (CPE) et mobiliser des financements publics et privés au service de la transition énergétique.Les échanges vont permettre de préciser les enjeux liés à la mise en œuvre opérationnelle des Super ESE, tout en insistant sur la nécessité d’adapter le futur arrêté « aux réalités du terrain et à la capacité d’application des acteurs ».

Cet atelier s’inscrit dans la continuité des actions déjà engagées par l’ANEREE pour structurer le marché national de l’efficacité énergétique et appuyer la mise en œuvre des recommandations issues des audits énergétiques. Il illustre également la volonté du ministère de doter le pays d’un cadre réglementaire cohérent, capable de soutenir la compétitivité industrielle et de renforcer la résilience énergétique nationale.

???? Prochaine étape : l’intégration des contributions issues de cet atelier en vue de finaliser le projet d’arrêté avant sa validation officielle dans les jours qui suivent.

ANEREE, la maison des solutions énergétiques !

DCVIS

CAFE ENERGIE DU CONSEIL BURKINABE DE L’ENERGIE L’ANEREE explique son rôle dans la promotion et la mise en œuvre de l’efficacité énergétique au Burkina Faso

Dans le cadre de la 6ème édition de la SEERA, le Conseil Burkinabè de l’Energie (CBE) a organisé un café énergie au profit des acteurs concernés. L’idée étant de mettre tout le monde au même niveau d’informations en matière de promotion de l’efficacité énergétique. Faut-il le rappeler, l’efficacité énergétique s’entend comme l’ensemble des attitudes, habitudes et réflexes dans notre mode d’utilisation de l’énergie de manière à moins consommer tout en obtenant la même qualité de vie.

La transition énergétique aidant, le communicateur de l’ANEREE a été appelé à présenter une communication sur le thème « rôle de l’ANEREE dans la promotion et la mise en œuvre de l’efficacité énergétique au Burkina Faso ».

Dans son essai communicationnel, Monsieur Dafoura Paul Millogo, Directeur de la normalisation, de la labellisation et des audits énergétiques (DNLAE), a listé une série de constats qui entravent l’atteinte des objectifs en matière de transition énergétique :

  • Conception des infrastructures non adaptée à nos conditions climatiques ;
  • Installation d’équipements énergivores et de mauvaises qualités ;
  • Mauvaise utilisation et exploitation des infrastructures énergétiques ;
  • Forte croissance de la demande d’énergie (environ 12% par an) due surtout à la croissance de la population et des activités ;
  • Difficultés pour satisfaire la demande à la pointe.
Au micro ,Monsieur Dafoura Paul Millogo

Afin d’apporter des réponses structurelles et accélérer la transition énergétique, le Gouvernement a adopté le décret N°2017-1015 qui stipule que l’audit énergétique est « l’ensemble des études, investigations techniques et économiques, des contrôles de performances énergétiques des équipements et des procédés techniques, permettant l’identification des causes de la surconsommation de l’énergie et la proposition d’un plan d’actions correctives ».

L’ambition ultime est de « réduire (Maitriser ou optimiser) la consommation d’énergie et les coûts associés, en analysant les causes et les facteurs qui affectent cette consommation, sans affecter la production ou la qualité du service.

Dans ses missions régaliennes, l’ANEREE, fort des constats observés dans la plupart des entreprises et industries, s’est employée à proposer et à divulguer les actions suivantes :

  • Amélioration des mesures d’efficacité énergétique (sensibilisation au changement de comportement des occupants).
  • Réajustement de la puissance souscrite du contrat d’abonnement.
  • Amélioration du facteur de puissance à travers la pose de batteries de compensation.
  • Remplacement des appareils énergétivores (lampes ordinaires, climatiseurs ordinaires, moteurs ordinaires, …) par des appareils à haut rendement (LED, inventer, …).
  • Mise en place de la domotique pour certains équipements.
  • Hybridation des installations à travers des sources d’énergies alternatives surtout le solaire photovoltaïque.
  • Mise en conformité des installations électriques.
Participants

Tout en conseillant les responsables des entreprises de grande consommation énergétique à se faire accompagner par une structure experte comme l’ANEREE, l’expert en audit énergétique a conclu sa communication en rappelant que l’Efficacité Energétique est une source d’énergie à prendre en compte dans tous les gestes quotidiens.

C’est pourquoi, s’est-il empressé d’ajouter qu’il faut une synergie d’action entre les différents acteurs (ANEREE, SONABEL, Ministère de l’Énergie, banques, les innovateurs et les PTFs).

Faciliter l’accès au financement des investissements verts et créer un écosystème burkinabè de l’efficacité énergétique durable et inclusif seraient des atouts majeurs pour parvenir à la souveraineté énergétique, a renchéri Mr Millogo.

ANEREE, La maison des solutions énergétiques ! 

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TRANSITION ENERGETIQUE : Quel rôle pour les femmes et les jeunes ? Léila Sambaré/ Zerbo explore les opportunités et les défis à la 6ème édition de la SEERA 

Les portes de la 6ème édition de la SEERA se sont certes refermées le 09 novembre dernier. Cependant, les impacts ressentis continuent de mailler les acteurs du domaine énergétique au Burkina Faso et au-delà des frontières.

En marge des panels, plusieurs techniques ont permis d’éplucher des thèmes tout aussi importants que pertinents. A la session technique 1, « Intégration des femmes et des jeunes dans la gestion des ressources hydriques, agricoles et énergétiques locales, l’experte en genre et environnement de l’ANEREE, a eu la charge de tenir en haleine son auditoire sur le thème spécifique : « Rôle des femmes et des jeunes dans la transition énergétique locale : opportunités et défis ».

D’entrée, Mme Sambaré a campé le décor à partir des statistiques officielles : Sur la base des projections démographiques, en 2022, la population burkinabè est estimée à 22 100 874 habitants dont 11 412 644 femmes soit environ 51,64%. Cette population est majoritairement jeune. L’inclusion des femmes et des jeunes dans la transition énergétique pourrait favoriser l’accès à l’énergie, la création d’emplois et la durabilité des projets, se convainc-t-elle.

Léila Sambaré/ Zerbo, Experte en genre et environnement

Toutefois, relève-t-elle, la participation des femmes et des jeunes reste assez limitée pour booster le secteur.

Pour ce faire, l’experte à l’issue de son diagnostic, a déjà prescrit son ordonnance :

  • Formations adaptées :  Modules pratiques courts (3–6 mois), apprentissages en alternance, et formation en langue locale. S’inspirer du modèle Barefoot (focus population rurale)
  • Accès au crédit et modèles commerciaux inclusifs : Prêts micro-crédit, fonds de garantie pour entreprises dirigées par des femmes, mécanismes de paiement souples
  • Certifications et reconnaissance professionnelle : Créer des parcours de certification locaux pour garantir l’employabilité et la crédibilité ;
  • Horaires et lieux de formation accessibles, prise en charge des contraintes familiales (garderie durant la formation), lutte contre le harcèlement sur le lieu de travail ;
  • Campagnes locales montrant des femmes techniciennes ; intégrer des diplômées comme formatrices pour casser les stéréotypes. (Ex. projets « Solar Mamas » et femmes-installatrices en Gambie/Zanzibar).

Pour y parvenir, des défis majeurs doivent être relevés. Il s’agit de briser certaines barrières culturelles, de lever l’accès limité au financement et à la formation et de créer des solutions à la faible représentation des femmes dans les métiers techniques.

Au niveau des politiques publiques, la communicatrice a cité des leviers à activer :

  • Incitations fiscales pour les entreprises dirigées par femmes/jeunes.
  • Fonds de garantie et microcrédits inclusifs.
  • Données désagrégées et indicateurs genrés.
  • Communication et sensibilisation communautaire.

Dans une dynamique de partage d’expérience, Mme Sambaré a listé des bonnes pratiques à reproduire. Ce sont les :

  • Centres de formation décentralisés (modèle Barefoot).
  • Programmes d’entrepreneuriat mixte (Solar Sister).
  • Clauses sociales dans les marchés publics.
  • Campagnes locales de valorisation des femmes techniciennes.

En rappel, le thème central de la 6ème édition de la SEERA a été articulé autour du “Nexus ‘’agriculture-énergie-eau’’: Défis et opportunités”. Ce rendez-vous des professionnels et acteurs de l’énergie a permis durant trois jours de mettre en lumière la grande contribution de la souveraineté énergétique à l’atteinte de la souveraineté alimentaire en contexte africain.

Participants

ANEREE, “La maison des solutions énergétiques !”

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