TRANSITION ENERGETIQUE : Quel rôle pour les femmes et les jeunes ? Léila Sambaré/ Zerbo explore les opportunités et les défis à la 6ème édition de la SEERA 

Les portes de la 6ème édition de la SEERA se sont certes refermées le 09 novembre dernier. Cependant, les impacts ressentis continuent de mailler les acteurs du domaine énergétique au Burkina Faso et au-delà des frontières.

En marge des panels, plusieurs techniques ont permis d’éplucher des thèmes tout aussi importants que pertinents. A la session technique 1, « Intégration des femmes et des jeunes dans la gestion des ressources hydriques, agricoles et énergétiques locales, l’experte en genre et environnement de l’ANEREE, a eu la charge de tenir en haleine son auditoire sur le thème spécifique : « Rôle des femmes et des jeunes dans la transition énergétique locale : opportunités et défis ».

D’entrée, Mme Sambaré a campé le décor à partir des statistiques officielles : Sur la base des projections démographiques, en 2022, la population burkinabè est estimée à 22 100 874 habitants dont 11 412 644 femmes soit environ 51,64%. Cette population est majoritairement jeune. L’inclusion des femmes et des jeunes dans la transition énergétique pourrait favoriser l’accès à l’énergie, la création d’emplois et la durabilité des projets, se convainc-t-elle.

Léila Sambaré/ Zerbo, Experte en genre et environnement

Toutefois, relève-t-elle, la participation des femmes et des jeunes reste assez limitée pour booster le secteur.

Pour ce faire, l’experte à l’issue de son diagnostic, a déjà prescrit son ordonnance :

  • Formations adaptées :  Modules pratiques courts (3–6 mois), apprentissages en alternance, et formation en langue locale. S’inspirer du modèle Barefoot (focus population rurale)
  • Accès au crédit et modèles commerciaux inclusifs : Prêts micro-crédit, fonds de garantie pour entreprises dirigées par des femmes, mécanismes de paiement souples
  • Certifications et reconnaissance professionnelle : Créer des parcours de certification locaux pour garantir l’employabilité et la crédibilité ;
  • Horaires et lieux de formation accessibles, prise en charge des contraintes familiales (garderie durant la formation), lutte contre le harcèlement sur le lieu de travail ;
  • Campagnes locales montrant des femmes techniciennes ; intégrer des diplômées comme formatrices pour casser les stéréotypes. (Ex. projets « Solar Mamas » et femmes-installatrices en Gambie/Zanzibar).

Pour y parvenir, des défis majeurs doivent être relevés. Il s’agit de briser certaines barrières culturelles, de lever l’accès limité au financement et à la formation et de créer des solutions à la faible représentation des femmes dans les métiers techniques.

Au niveau des politiques publiques, la communicatrice a cité des leviers à activer :

  • Incitations fiscales pour les entreprises dirigées par femmes/jeunes.
  • Fonds de garantie et microcrédits inclusifs.
  • Données désagrégées et indicateurs genrés.
  • Communication et sensibilisation communautaire.

Dans une dynamique de partage d’expérience, Mme Sambaré a listé des bonnes pratiques à reproduire. Ce sont les :

  • Centres de formation décentralisés (modèle Barefoot).
  • Programmes d’entrepreneuriat mixte (Solar Sister).
  • Clauses sociales dans les marchés publics.
  • Campagnes locales de valorisation des femmes techniciennes.

En rappel, le thème central de la 6ème édition de la SEERA a été articulé autour du “Nexus ‘’agriculture-énergie-eau’’: Défis et opportunités”. Ce rendez-vous des professionnels et acteurs de l’énergie a permis durant trois jours de mettre en lumière la grande contribution de la souveraineté énergétique à l’atteinte de la souveraineté alimentaire en contexte africain.

Participants

ANEREE, “La maison des solutions énergétiques !”

DCVIS

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